Permis de construire pour une salle de sport : la méthode complète

permis de construire — Prérequis administratifs : poser un socle solide avant le dossier
Table des matières

Vous voulez ouvrir une salle de sport, et vous sentez venir le mur administratif ? Vous avez raison : ce n’est pas « juste des travaux », c’est un dossier qui engage votre activité, vos délais, et votre sécurité.

Le secteur accélère fort : fin deux mille vingt-cinq, l’Europe comptait 75,5 millions d’adhérents fitness et 67 515 clubs, avec des revenus à 39,1 milliards d’euros. EuropeActive (données marché fitness européen). Donc oui, il y a de la demande. Mais votre projet ne passera que si le réglementaire est carré.

Dans cet article, je vous donne une méthode terrain pour savoir si vous êtes en permis de construire, en déclaration, et comment bâtir un dossier propre, avec les bons interlocuteurs. Pour cadrer l’ensemble de votre projet salle de sport, gardez ce guide sous la main.

L’essentiel en 30 secondes
1) Vous sécurisez d’abord le « socle » : PLU, ERP, accessibilité, incendie, et données du local.
2) Vous tranchez PC vs DP avec une règle simple : surfaces créées, aspect extérieur, et changement de destination.
3) Vous décrivez vos travaux comme un exploitant sérieux : flux, nuisances, effectifs, et respect des dispositions ERP.
4) Vous évitez le piège classique : avoir un PC, mais rester bloqué sur l’autorisation ERP avant ouverture.

On va maintenant passer du « je crois que » au « je sais quoi déposer ».

Prérequis administratifs : poser un socle solide avant le dossier

Outils et accès nécessaires (les 6 indispensables)

Avant de parler Cerfa, vous avez besoin de preuves. Pas d’intuition. Un projet de gym se joue sur des détails de bâtiments, d’accès, et de voisinage.

permis de construire — Prérequis administratifs : poser un socle solide avant le dossier
Illustration — Prérequis administratifs : poser un socle solide avant le dossier

Voici votre kit de base :

  • PLU et zonage : pour vérifier si l’activité sportive est compatible, et sous quelles conditions (stationnement, enseignes, façades, horaires).
  • Cadastre et limites : pour comprendre la parcelle, les servitudes, et les prospects (marges, alignements).
  • Règlement de copropriété (si applicable) : souvent plus bloquant que la mairie sur le bruit et les flux.
  • Bail commercial : clauses sur nuisances, travaux, extraction, horaires, et remise en état.
  • Dossier technique du local : plans existants, DTA/diagnostics, puissance électrique, ventilation, colonnes, réseaux EU/EV, trémies.
  • Hypothèse ERP : capacité, type, catégorie, et cheminements. Une salle de sport est généralement un ERP de type X (établissements sportifs couverts) avec des seuils de classement (par exemple 100 personnes en sous-sol, 100 en étages et 200 au total pour la 5e catégorie). Entreprendre.Service-Public.fr (définition et classement ERP).

Si vous n’avez pas ces pièces, vous ne « montez pas un dossier ». Vous pariez.

Temps estimé et niveau de difficulté (la vérité du terrain)

Vous pouvez tout faire vite… sauf ce qui dépend d’autres services. Et une salle de sport déclenche souvent plusieurs regards : urbanisme, accessibilité, sécurité incendie, parfois acoustique, parfois ABF.

En pratique, prévoyez :

  • Une phase de cadrage (quelques jours) : collecte des données, visite technique, premier tri des risques.
  • Une phase de conception (une à plusieurs semaines) : plans, notice, surfaces, stationnement, façades si modifiées.
  • Une phase d’instruction (variable) : dépendante de la nature des travaux et des consultations.

Le niveau de difficulté grimpe très vite si vous cumulez : modification de façade, création de niveaux, changement de destination, ou contraintes acoustiques. Si vous avez déjà vécu un voisin qui se plaint au premier drop d’haltères, vous connaissez la douleur.

Petit repère simple : si votre projet doit accueillir des personnes en continu, avec des vestiaires, des douches, des machines et des cours collectifs, vous êtes sur un projet « complet », pas sur un rafraîchissement.

Note utile pour votre planning : si vous déposez en janvier, certaines communes tournent au ralenti sur les commissions. Ce n’est pas une règle écrite, c’est du vécu.

Identifier les bons interlocuteurs (et leur poser les bonnes questions)

Vous ne cherchez pas « la mairie ». Vous cherchez les personnes qui décident, ou qui instruisent. Et vous voulez des réponses traçables.

Voici la liste qui couvre 95% des cas :

  • Service urbanisme : compatibilité PLU, stationnement, façades, enseignes, éventuelles prescriptions.
  • Service instructeur (commune, intercommunalité, ou autre) : liste de pièces attendues, points bloquants habituels.
  • Référent accessibilité : cheminements, sanitaires, accueil, signalétique, places PMR.
  • SDIS / prévention incendie (selon organisation locale) : dégagements, alarme, désenfumage, réaction au feu des matériaux.
  • ABF si secteur protégé : menuiseries, enseigne, teintes, modifications d’aspect.
  • Propriétaires et syndic : autorisations internes, horaires de chantier, règles de l’immeuble.

Posez des questions fermées. Exemple : « Le local peut-il être exploité en activité sportive au sens du PLU ? », puis « Quelles pièces attendez-vous si je modifie la façade ? ».

Rassembler les données du local et du foncier (ce qui fait gagner du temps)

Le dossier le plus propre du monde ne compensera pas un local mal qualifié.

Vous devez consolider :

  • La situation juridique : qui signe, qui est mandataire, qui supporte les travaux, qui paie les mises aux normes.
  • La situation technique : structure (charges), hauteur libre, état des planchers, désordres visibles, réseaux.
  • La situation d’usage : destination actuelle (bureau, commerce, entrepôt, habitation), régime ERP ou non, et historique.

Un cas classique : un local en rez-de-chaussée qui ressemble à un commerce, mais qui est juridiquement de l’habitation en copropriété. Là, les règles ne sont plus les mêmes. Et votre chantier peut se bloquer sans même parler permis.

Checklist : conditions techniques à valider avant de démarrer

Voici la checklist « pas glamour, mais diablement utile » avant d’investir dans des plans détaillés.

  • Capacité de la structure pour charges dynamiques (machines, cours, zone poids libres).
  • Évacuation et dégagements cohérents avec l’effectif visé.
  • Accès pompiers et coupures (élec/gaz) identifiables et accessibles.
  • Ventilation : renouvellement d’air réaliste, zones humides (douches) maîtrisées.
  • Acoustique : isolement et traitement, surtout si mitoyenneté logements.
  • Stationnement : existant, exigé par le PLU, et solutions si écart.
  • Séparation des circulations (public, personnel, livraison) quand c’est pertinent.
  • Matériaux et revêtements compatibles avec l’usage sportif (glissance, résistance, entretien).
  • Gestion des déchets et du linge (si douches), et local technique prévu.
  • Impact voisinage : horaires, musique, vibrations, livraisons.

Vous cherchez le respect des conditions dès le départ. C’est ce qui évite la « reprise de copie » en instruction.

À retenir
1) Vous sécurisez d’abord les données du local, pas les formulaires.
2) Une salle de sport se pense comme un ERP : effectifs, flux, sécurité.
3) Plus vous anticipez les contraintes (acoustique, façade, destination), moins vous subissez l’instruction.

Une fois ce socle posé, vous pouvez trancher le vrai sujet : quel régime d’autorisation s’applique à vos travaux.

Permis de construire ou déclaration préalable : décider sans vous tromper

Seuils de surface, extension et création de niveaux (la règle simple)

Pour une salle de sport, la bascule PC vs DP se joue souvent sur la surface créée, l’emprise, et le cumul après travaux. Et ce point-là, vous devez l’avoir noir sur blanc.

Permis de construire ou déclaration préalable : points de bascule concrets
Comparez les critères clés pour choisir le bon régime selon votre projet de salle ou extension professionnelle.
Déclaration préalable (DP)
Appliquer la règle simple des 20 m²
Pour une extension jusqu’à 20 m², la déclaration préalable est souvent suffisante, notamment en zone urbaine ou selon le PLU.
Gérer une extension supérieure à 20 m²
Dès que l’extension dépasse 20 m² (ou 40 m² dans certains PLU), le permis de construire devient généralement obligatoire.
Créer une salle ou un studio modeste
Transformer une réserve en petite salle, sans toucher à la façade ni dépasser les seuils, reste en DP si la surface créée est limitée.
Créer un niveau ou une mezzanine importante
L’ajout d’une mezzanine qui génère une surface de plancher notable peut faire basculer vers le PC, même sans extension au sol.
VS
Permis de construire (PC)
Modifier la façade sans transformation lourde
Remplacer une menuiserie ou poser une grille, sans changement majeur d’aspect, peut rester en DP, mais nécessite une vigilance accrue.
Changer l’apparence extérieure de façon significative
Toute modification visible de la façade (vitrine, issue de secours, dispositifs techniques) exige souvent un PC et une instruction approfondie.
Multiplier les modifications cumulées après travaux
Si la surface totale créée ou cumulée après travaux franchit certains seuils, la DP ne suffit plus et le PC s’impose.
Changer l’usage ou la destination du local
Passer d’un bureau à une salle de sport implique une analyse PLU et, très souvent, un PC avec autorisations ERP renforcées.
Schéma — Permis de construire ou déclaration préalable : décider sans vous tromper

Pour un bâtiment professionnel, les seuils de référence sont notamment : extension jusqu’à 20 m² (souvent DP), au-delà (souvent PC), et en zone urbaine de PLU des cas existent avec DP jusqu’à 40 m² selon la configuration et les surfaces finales. Entreprendre.Service-Public.fr (travaux sur bâtiment professionnel).

Traduction terrain :

  • Vous « grignotez » une réserve pour créer un studio : attention, c’est de la surface créée.
  • Vous créez une mezzanine : vous pouvez créer de la surface de plancher sans toucher à l’emprise au sol.
  • Vous ajoutez un volume (auvent, extension) : emprise et façade peuvent bouger, donc vigilance double.

Et n’oubliez pas le piège du seuil de 150 m² : selon les cas, il change des obligations de projet et d’encadrement. Entreprendre.Service-Public.fr (seuils et règles applicables).

Quand la déclaration préalable suffit (et quand elle devient risquée)

La déclaration préalable, c’est tentant. C’est plus léger. Mais dans une salle de sport, elle devient vite « risquée » si vous essayez d’y faire rentrer un projet trop ambitieux.

En général, vous restez en DP si vous êtes sur des modifications limitées, sans impact majeur sur les surfaces et sans transformation lourde. Mais deux facteurs font basculer votre dossier :

  • Les modifications visibles : façade, menuiseries, création d’ouvertures, grilles, ventilation en façade.
  • Le changement d’usage réel : passer d’un local calme à un local à forte fréquentation, musique, vibrations.

Si vous êtes exploitant, votre objectif n’est pas « le régime le plus simple ». C’est « le régime qui tient en cas de contrôle et qui ne vous bloque pas à la veille de l’ouverture ».

Changement d’aspect extérieur et façades : là où les projets dérapent

Une salle de sport performe avec une vitrine, une identité, parfois une mise en scène. Sauf que l’urbanisme regarde d’abord l’aspect extérieur.

Les cas sensibles :

  • Remplacement de menuiseries (teinte, matériau, découpe).
  • Création d’une issue de secours en façade.
  • Pose de grilles, occultations, films, dispositifs anti-intrusion visibles.
  • Création d’ouvrages techniques visibles (exutoires, rejets, prises d’air).

Votre réflexe : documenter. Une façade mal expliquée, c’est un aller-retour. Et un aller-retour, c’est du délai.

Diagramme : arbre de décision selon votre projet de travaux

Flux : Vous modifiez uniquement l’intérieur sans toucher aux surfaces ni à la façade ? ? Vérifiez d’abord le statut ERP et l’autorisation de travaux ERP.
Vous créez de la surface (plancher ou emprise) ? ? Comparez la surface créée aux seuils et au total après travaux ? DP possible dans certains cas, sinon PC.
Vous créez un niveau (mezzanine) ? ? Calculez la surface de plancher créée ? requalifiez le régime (DP/PC).
Vous changez la façade (ouverture, issue, grille, rejet) ? ? Autorisation d’urbanisme quasi systématique, et souvent instruction plus exigeante.
Vous changez la destination du local (ex : bureau vers activité sportive) ? ? Analyse PLU + changement de destination + autorisations ERP.

Qualifier destination et sous-destination : la question qui change tout

La destination, ce n’est pas votre marketing. C’est la « case réglementaire » de votre local dans le PLU. Et c’est ce qui pilote l’acceptabilité du projet.

Concrètement, vous devez répondre à trois questions :

  • Quelle est la destination actuelle du local, telle qu’elle est reconnue (et pas telle qu’elle est vécue) ?
  • Quelle destination vise votre projet après travaux ?
  • Le PLU autorise-t-il cette destination dans votre zone, et avec quelles dispositions (stationnement, nuisances, accès) ?

Et vous devez faire le tri entre « changement de destination » et « changement d’activité » : ce n’est pas la même logique. Exemple : transformer un atelier calme en salle de sport à forte fréquentation, ce n’est pas neutre pour les riverains, même si l’adresse est en zone tertiaire.

Sujet Déclaration préalable (DP) Permis de construire (PC) Autorisation de travaux ERP (AT)
À quoi ça sert Encadrer des travaux « limités » (surfaces/extérieur selon cas) Autoriser des travaux plus lourds (surfaces, structure, destination) Valider accessibilité + sécurité incendie pour un ERP avant ouverture
Déclencheurs fréquents en salle de sport Petites évolutions, ajustements, impacts limités Création de surfaces, mezzanine, façade, changement de destination Dégagements, effectifs, alarme, matériaux, accessibilité, sanitaires
Ce que vous risquez si vous l’oubliez Requalification du dossier, délais, demandes de pièces Refus, prescriptions coûteuses, décalage planning Ouverture impossible au public, même si les travaux sont finis

Les seuils de surface cités (dont 20 m², 40 m² et 150 m²) sont détaillés selon cas de figure dans la synthèse officielle. Entreprendre.Service-Public.fr (règles PC/DP pour bâtiments professionnels).

À retenir
1) Vous décidez PC vs DP avec vos surfaces réelles, pas avec une impression.
2) Façade + changement de destination = dossier plus exigeant, presque toujours.
3) L’urbanisme ne remplace pas l’ERP : l’autorisation ERP peut rester obligatoire.

Testez ce raisonnement sur votre prochain plan : listez « surfaces créées », « façade », « destination ». Vous verrez tout de suite où ça coince. Ressource complémentaire recommandée : aménagement fitness. Notre analyse complète sur conception sur mesure. Retrouvez aussi expérience revitalisante sport sur notre site.

Une fois le régime clair, vous devez rendre votre projet « lisible ». C’est là que la plupart des dossiers perdent des semaines.

Définir vos travaux, vos surfaces et l’usage du local (pour un dossier qui passe)

Calculer les surfaces utiles : plancher, emprise, stationnement

Une salle de sport, c’est souvent un puzzle : plateau principal, studios, vestiaires, douches, accueil, zone d’attente, local ménage, local technique. Et chaque mètre carré raconte une histoire au service instructeur.

Définir vos travaux, vos surfaces et l’usage du local (pour un dossier qui passe) — Illustration — permis de construire
Illustration — Définir vos travaux, vos surfaces et l’usage du local (pour un dossier qui passe)

Votre job : produire des surfaces cohérentes, traçables, et alignées avec vos plans.

Méthode simple :

  • Vous figez l’existant : ce qui est réellement construit et utilisé aujourd’hui.
  • Vous figez le projet : ce que vous créez, ce que vous supprimez, ce que vous transformez.
  • Vous reliez surfaces et usages : studio cours, zone cardio, zone force, vestiaires, stockage.

Puis vous connectez ça au stationnement et aux flux. Même si la règle locale varie, l’instructeur veut comprendre comment les personnes arrivent, où elles passent, et où elles sortent.

Astuce terrain : mettez vos surfaces dans un tableau, et faites correspondre chaque ligne à une pièce du plan. Le jour où on vous demande « d’où vient ce chiffre », vous répondez en dix secondes.

Élément Ce que vous notez Pourquoi ça compte Erreur fréquente
Surface par pièce Accueil, studio, plateau, vestiaires, douches, techniques Cohérence dossier, ERP, nettoyage, exploitation Oublier les annexes (circulations, locaux supports)
Flux Entrée, sortie, issues de secours, contrôles Sécurité et confort, file d’attente, évacuation Croiser public et maintenance
Stationnement Existant, mutualisé, solutions alternatives Compatibilité PLU, nuisances, voisinage Promettre des places « théoriques » sans preuve

Vous visez un dossier qui se lit comme un plan d’exploitation, pas comme un devoir scolaire.

Lister vos travaux : structure, réseaux, façade, toiture (sans zones grises)

Un dossier qui passe, c’est un dossier où l’on comprend ce qui change, et ce qui ne change pas.

Listez vos travaux par familles, avec une phrase claire par poste :

  • Structure : percement, renfort, création de trémie, reprise de plancher, création de niveau.
  • Réseaux : électricité (puissance), ventilation, plomberie, eaux usées, eau chaude, éventuellement traitement d’air.
  • Sécurité incendie : dégagements, alarme, éclairage, désenfumage, compartimentage.
  • Accessibilité : cheminements, portes, sanitaires, accueil, signalétique.
  • Enveloppe : façade, vitrines, menuiseries, toiture si percements (exutoires, prises d’air).

Et surtout : vous reliez chaque travail à une intention d’exploitation. Exemple : « vestiaires agrandis pour éviter l’embouteillage à l’heure de pointe ».

Ce point est clé pour les métiers de l’instruction : un projet expliqué « exploitation » se défend mieux qu’un projet expliqué « déco ».

Enfin, n’oubliez pas l’impact chantier : horaires, accès, nuisances, propreté. Sur une salle, ce sont souvent les exploitants qui se retrouvent en première ligne face aux voisins. Donc, autant cadrer ça dès la conception.

Encadrer le changement de destination (et vérifier la compatibilité)

Changer un local en salle de sport, ce n’est pas toujours un changement de destination au sens strict. Mais c’est presque toujours un changement d’intensité d’usage. Et c’est ça qui déclenche les questions.

Votre check :

  • Compatibilité PLU : l’usage « sport » est-il autorisé, et sous quelles conditions ?
  • Compatibilité immeuble : copropriété, règlement, clauses de bail, contraintes de voisinage.
  • Compatibilité technique : bruit, vibrations, ventilation, évacuation, sécurité.

Vous devez aussi clarifier qui porte quoi : le bail peut imposer que le preneur remette en état, ou que le propriétaire valide les aménagements. Ce point, quand il est flou, fait exploser le budget et les délais.

Et ne négligez pas un cas très concret : une partie du local peut être du « public », et une autre non. La frontière change les exigences. Vous devez donc décrire votre organisation d’accueil, pas seulement vos surfaces.

Formaliser l’activité sportive : effectifs, flux, nuisances (le dossier « sérieux »)

Votre salle, ce n’est pas une simple boîte avec des machines. C’est un établissement qui reçoit du public, donc des personnes, avec un devoir de sécurité et des mesures concrètes.

Pour cadrer l’ERP, vous devez penser « effectif » et pas seulement « surface ». Un ERP est classé par catégorie et par type, et une salle de sport est typiquement en type X (établissements sportifs couverts). Entreprendre.Service-Public.fr (types d’ERP, dont type X).

Concrètement, documentez :

  • Votre jauge : combien de personnes simultanément sur le plateau, en cours, en vestiaires.
  • Vos flux : entrée, contrôle, croisement des circulations, sorties.
  • Vos nuisances : musique, chocs, vibrations, regroupements à l’extérieur.
  • Votre public : accueil débutants, pratiques encadrées, et éventuellement public de haut niveau.

Et vous annoncez vos dispositions : sols adaptés, zones « poids libres » isolées, horaires de cours, règles internes. C’est une partie du respect du voisinage, mais aussi du respect de votre propre modèle économique.

Un exemple simple : si vous créez une zone functional training collée à un mur mitoyen, sans traitement, vous achetez un conflit. Et un conflit, c’est du temps, de l’énergie, et parfois une limitation d’exploitation.

Enfin, gardez un point en tête : même avec un permis d’urbanisme, vous pouvez être tenu de déposer une autorisation de travaux ERP selon votre situation (travaux d’aménagement intérieur, accessibilité, incendie). Entreprendre.Service-Public.fr (procédures d’autorisation de travaux ERP).

C’est là que beaucoup de projets se font surprendre : travaux terminés, marketing prêt… et ouverture repoussée.

À retenir
1) Vos surfaces doivent être traçables pièce par pièce, sinon le dossier s’enlise.
2) Expliquez vos travaux comme un projet d’exploitation : flux, effectifs, nuisances.
3) Ne confondez pas urbanisme et ERP : l’ouverture au public peut dépendre d’une autorisation ERP.

Essayez ceci sur un vrai plan : écrivez votre jauge cible, puis tracez les flux d’entrée et d’évacuation. Si vous hésitez, votre dossier hésitera aussi. Pour en savoir plus : normes fitness. Pour aller plus loin, consultez solutions acoustiques.

FAQ permis de construire : salle de sport

Comment savoir rapidement si mon projet de salle de sport est en permis de construire ?

Regardez d’abord ce que vos travaux changent : création de surface, création de niveau (mezzanine), modification de façade, ou changement de destination. Dès que vous créez des surfaces significatives ou que vous touchez à l’aspect extérieur, vous vous rapprochez du PC. Pour un bâtiment pro, les seuils et cas types sont synthétisés officiellement. Entreprendre.Service-Public.fr.

Pourquoi une salle de sport est souvent traitée comme un ERP (et pourquoi ça change tout) ?

Parce que vous recevez du public : accès, évacuation, incendie, accessibilité. Un ERP est classé par type et par catégorie selon l’activité et la capacité d’accueil, et les obligations de sécurité en découlent directement. Les établissements sportifs couverts relèvent du type X, avec des seuils de référence pour le classement. Entreprendre.Service-Public.fr.

Combien ça coûte de se tromper de procédure (DP au lieu de PC, ou oublier l’ERP) ?

Le coût principal n’est pas « une amende » dans l’absolu, c’est votre planning et vos travaux. Une requalification de dossier, une demande de pièces, ou un blocage sur l’autorisation ERP peut décaler votre ouverture, donc vos abonnements, donc votre trésorerie. Le plus rentable est presque toujours d’investir tôt dans un cadrage clair : surfaces, façade, destination, et ERP.

Quel est le risque si j’ai mon permis de construire, mais que l’aménagement intérieur n’est pas validé ERP ?

Vous pouvez finir les travaux, mais rester bloqué avant l’accueil du public. Certains projets obtiennent un PC alors que l’aménagement intérieur n’est pas totalement défini, et une autorisation de travaux ERP peut alors être exigée avant ouverture. C’est un point officiel et fréquent sur les projets d’établissements. Entreprendre.Service-Public.fr.

Déclaration préalable vs permis de construire : lequel est “mieux” pour une salle de sport ?

Aucun n’est “mieux”. Le bon choix est celui qui correspond à vos travaux réels. Une DP peut être adaptée à des modifications limitées, mais un projet de salle de sport devient vite structurant (jauge, issues, vestiaires, ventilation, nuisances). Le PC, lui, est souvent incontournable dès que vous créez de la surface, touchez la structure, ou modifiez fortement la façade. Les cas types et seuils sont cadrés par la synthèse officielle. Entreprendre.Service-Public.fr.

Ouvrir une salle de sport dans un local en habitation : est-ce possible ?

Ça dépend du statut réel du local et de l’immeuble. Une pièce à usage pro dans une habitation peut rester juridiquement de l’habitation selon l’organisation des accès, ce qui change le cadre. Et si vous recevez du public, la logique ERP et la sécurité reprennent le dessus. Avant toute décision, vérifiez destination, copropriété, et conditions d’accueil. Un point de repère officiel existe sur la distinction habitation/ERP selon les accès. Entreprendre.Service-Public.fr.

Conclusion

Un permis de construire pour une salle de sport, ce n’est pas un simple papier : c’est un projet de construction et d’exploitation, avec des règles d’urbanisme, des contraintes de bâtiments, et une logique ERP orientée sécurité. Si vous posez le socle (données du local, interlocuteurs, surfaces, flux), vous gagnez du temps et vous évitez les blocages d’ouverture. Et si vous formalisez vos aménagements comme un exploitant sérieux, l’instruction devient beaucoup plus prévisible. Gardez votre méthode, et refaites-la à chaque nouveau local, même en juillet quand tout le monde est surchargé.

Image de Ruben Ellegiers - PDG

Ruben Ellegiers - PDG

Ingénieur civil de formation, Ruben Ellegiers est le PDG d’IRE Construction, un cabinet spécialisé en architecture commerciale à Toulouse. Fort de plus de 10 ans d’expérience, il excelle dans la conception et la rénovation d’espaces professionnels innovants (restaurants, bureaux, commerces...). Il a piloté de nombreux projets d’envergure pour des enseignes de renom telles que Flunch, Basic-Fit et Celio. Son approche dynamique et rigoureuse garantit la concrétisation de la vision de chaque client avec créativité et professionnalisme.

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